SRAM conteste l’introduction de limitations des braquets par l’UCI
Par le samedi 20 septembre 2025 11:03 - Le matos des pros - Commentaires : 35 .
Le 12 septembre 2025, SRAM a déposé une plainte officielle auprès de l’Autorité belge de la Concurrence (ABC) contre l’Union Cycliste Internationale (UCI), contestant le Protocole du Braquet Maximum de l’UCI. L’ABC a officiellement ouvert une instruction en vertu des lois européennes et belges sur la concurrence le 17 septembre 2025, après examen de la plainte de SRAM.
SRAM a contacté l’ABC car cette autorité a développé une expertise sur les enjeux de concurrence dans le domaine du sport et a démontré son engagement en faveur de l’équité et de l’intégrité dans le sport. L’Auditeur général de l’ABC mènera l’enquête et présentera ses conclusions au Collège de la concurrence, l’organe décisionnel indépendant de l’ABC, qui adoptera une décision définitive sur les mérites.
SRAM conteste les restrictions imposées par l’UCI en matière de transmission pour certaines épreuves cyclistes, qui limitent le développement maximal à 10,46 mètres par tour de pédale, soit l’équivalent d’une configuration 54x11. Cette limite exclut les transmissions qui excèdent ce seuil, en premier lieu la transmission SRAM RED AXS en configuration 54x10, le choix préféré de nombreuses équipes professionnelles.
SRAM est le seul équipementier dont la configuration utilisée par les équipes professionnelles sera prohibée par la nouvelle réglementation de l’UCI, qui entrave l’innovation, limite le choix des coureurs et désavantage injustement les coureurs équipés de transmissions SRAM et l’entreprise SRAM.
SRAM a tenté à plusieurs reprises d’engager le dialogue avec l’UCI et de faire part de ses préoccupations concernant l’impact du Protocole du Braquet Maximum sur les coureurs et les équipes SRAM, ainsi que SRAM elle-même. Malgré ces efforts, les dirigeants de l’UCI ont refusé d’engager un dialogue constructif sur la validité ou le bien-fondé de cette réglementation. Si SRAM continue de participer à des discussions techniques afin d’aider les équipes à se conformer aux restrictions de braquets en vue de l’épreuve soumise auxdites restrictions, le manque de transparence et de collaboration de l’UCI ne lui a laissé d’autre choix que de déposer une plainte antitrust auprès de l’ABC.
Ken Lousberg, PDG de SRAM :
Ce protocole pénalise et décourage l’innovation et place nos coureurs et nos équipesdans une situation concurrentielle désavantageuse. Nous n’aurions pu imaginer les transmissions d’aujourd’hui lorsque SRAM a été fondée il y a près de 40 ans, et nous savons que les transmissions de la prochaine décennie continueront d’évoluer. Nous comptons sur l’instance dirigeante de ce sport pour favoriser un environnement qui encourage l’innovation au profit des cyclistes d’aujourd'hui et de demain. Nous comptons également sur l’instance dirigeante pour apporter des changements scientifiquement fondés et efficaces pour la sécurité des coureurs. Nous sommes les critiques les plus sévères de notre propre équipement, utilisé en course comme à l’entraînement par les cyclistes du monde entier. La sécurité est primordiale pour nous.
Bien que l’UCI qualifie le Protocole du Braquet Maximum de « test », sa mise en œuvre a déjà causé des dommages tangibles. Les transmissions SRAM ont été publiquement qualifiées de non-conformes, ce qui a nui à la réputation de l’entreprise, semé la confusion sur le marché, suscité l’inquiétude des équipes et des athlètes et exposé l’entreprise à des poursuites judiciaires.
C’est pourquoi SRAM a également déposé une requête en mesures provisoires visant à obtenir la suspension des restrictions en matière de braquet lors du Tour de Guangxi, ainsi que pour toute épreuve ultérieure.
Si la restriction des braquets n’est pas levée, les coureurs utilisant des transmissions SRAM non modifiées s’exposent à un risque de disqualification et de sanction financière, et les équipes sponsorisées par SRAM seront immédiatement désavantagées, ce qui affectera les résultats de courses et les opportunités de sponsoring potentielles. De plus, SRAM et les équipes qu’elle soutient n’ont pas encore été en mesure de tester adéquatement les effets de la limitation du braquet de ses transmissions, engendrant un risque inutile pour les coureurs.
L’UCI a désigné le Tour du Guangxi comme premier terrain d’application du Protocole et demeure vague quant à d’autres événements futurs, plaçant SRAM et ses équipes sponsorisées, actuelles et futures, dans l’incertitude.
Ken Lousberg :
Le fait de qualifier cela de test n’en fait pas moins une course.Tous les coureurs sur la ligne de départ devraient pouvoir concourir sur un pied d’égalité. À l'heure actuelle, les équipes sponsorisées par SRAM devront courir avec un équipement compromis et un nombre réduit de développements par rapport à leurs concurrents. Nous ne savons pas non plus clairement ce qui est testé.
La plainte de SRAM allègue que le Protocole du Braquet Maximum de l’UCI :
- A été adopté sans consultation ni transparence et ne repose sur aucune preuve empirique ni justification crédible en matière de sécurité.
- Désavantage les coureurs équipés par SRAM dans les épreuves cyclistes professionnelles.
- Fausse la concurrence sur le marché des transmissions pour vélo de route en limitant le choix des équipes professionnelles et, en fin de compte, des consommateurs, car SRAM s’appuie sur des équipes de haut niveau pour lancer et commercialiser ses produits.
- Enfreint le droit européen et belge de la concurrence (articles 101 et 102 du TFUE).
Bien que l’UCI présente le Protocole comme une mesure de sécurité, aucune preuve n’a été fournie afin d’étayer cette affirmation. L’analyse des données relatives aux chutes du Tour de France 2025 réalisée par SRAM, à l’aide de la télémétrie et d’images vidéo, n’a révélé aucune corrélation entre l’utilisation de développements plus élevés et un risque accru d’accident. Les chutes en descente étaient rares et survenaient à des vitesses atteignables avec les configurations de braquets de tous les fournisseurs des équipes du WorldTour.
Ken Lousberg :
Si vous discutez avec les coureurs, ils demandent des courses plus sûres et de meilleurs tracés. Il y a des choses que nous pouvons faire collectivement pour rendre les courses plus sûres, mais restreindre arbitrairement une plage de transmissions, que nous sommes les seuls à proposer à nos équipes, est fondamentalement injuste pour les équipes, les coureurs et SRAM.
Nous sommes fiers de la position que nous avons acquise sur le marché au cours des quatre dernières décennies. Nous ne sommes pas prêts à y renoncer à cause de restrictions arbitraires imposées par un organisme deréglementation, et nous ne céderons pas sans faire valoir nos arguments.
SRAM a consacré près d’une décennie à développer une philosophie moderne en matière de transmissions qui a révolutionné le cyclisme sur route et a été adoptée tant par les cyclistes amateurs que par les champions du Tour de France. SRAM a délibérément dépassé le pignon de 11 dents, privilégiant une architecture de transmission plus innovante. Se conformer au Protocole nécessiterait une refonte complète et un recul technique, un processus qui prendrait des années.
En raison des affirmations sans fondement de l’UCI, le public pourrait considérer à tort les transmissions SRAM comme illégales, portant ainsi atteinte à la réputation de l’entreprise et l’exposant à des recours potentiels en responsabilité. Si la restriction devenait permanente, les revendeurs et les fabricants de vélos pourraient tourner le dos aux produits innovants de SRAM, compromettant sa présence dans le domaine des transmissions route haute performance.
Dans le cadre de sa plainte, SRAM demande la suspension immédiate des restrictions relatives aux transmissions, la représentation des fabricants de vélos et d’équipements au sein du comité chargé de prendre des décisions et d’adopter des modifications relatives aux équipements, ainsi que la mise en place de procédures internes garantissant que toute future mesure réglementaire de l’UCI soit conforme au droit européen de la concurrence.
Ken Lousberg :
Aujourd'hui, les mesures prises par l’UCI pénalisent injustement les coureurs et l’entreprise SRAM. Mais compte tenu de la manière dont l’instance dirigeante prend ses décisions – décisions telles que la largeur de cintre, la hauteur de jante, la récente mise en place de transpondeurs et la pénalisation des équipes en Romandie… voire la hauteur des chaussettes – il est impossible de savoir qui pourrait être affecté à l’avenir. Par notre démarche auprès de l’ABC, nous espérons instaurer un climat plus transparent et plus collaboratif pour les équipes et les fabricants de composants, qui contribuera à un sport plus sûr et plus équitable pour tous.
SRAM réaffirme son engagement en faveur de la sécurité des coureurs, d’une compétition équitable et d’un dialogue ouvert avec toutes les parties prenantes. SRAM est convaincue que les progrès dans le domaine du cyclisme reposent sur la collaboration, la transparence et un engagement commun en faveur de l’innovation. Nous nous engageons envers les coureurs à travers le monde à continuer de concevoir des équipements innovants, à la pointe de l’industrie, répondant aux normes les plus strictes en matière de sécurité et de performance. SRAM se réjouit de contribuer à bâtir un avenir meilleur pour les coureurs, les cyclistes et les amateurs de cyclisme.
Crédits photos : Sonam Gotthilf & Matos Vélo







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