Présentation

Un tube supérieur un peu plus court pour une position compacte, un angle de selle beaucoup plus redressé (1.5 à 3.5° selon les tailles) pour un pédalage plus performant et efficace, des bases 5 mm plus courtes (430 mm) pour plus de réactivité dans les relances sans compromettre l’usage de pneus de grosse section (700x45 max) ainsi qu'un boitier de pédalier 4 à 5 mm plus haut pour s’affranchir de tous les obstacles.

Le cadre de ce Crosshill CF 6.0 S est exactement le même que sur le reste de la gamme Crosshill CF. Un cadre qui se veut ultra polyvalent, mêlant travail aérodynamique sur les tubes, mais aussi nombre de points de fixation pour des garde-boues, des sacoches ou même un porte-bagages.

Le confort et la filtration sont des éléments primordiaux en gravel. Raison pour laquelle Lapierre a fait de cet élément un axe de travail très important, via 4 choix techniques :

  1. Un cadre léger, 100% UD SL pour plus d’élasticité et de réactivité.
  2. Le nouveau 3D Tubular laisse le tube de selle libre sur toute sa longueur pour plus de flexibilité grâce à un triangle arrière plus grand. Le Crosshill CF, c’est jusqu’à 12% d’absorption des vibrations supplémentaire à 40 km/h.
  3. Des haubans Flexstays qui apportent de la flexibilité verticale grâce à leur forme elliptique et une double cassure en S sur le haut pour accentuer l’absorption des vibrations.
  4. Un cadre compatible pour fourche suspendue de 40 mm maximum et pneus de 700x45

Le 3D Tubular de Lapierre est donc bien plus qu'un élément de style ou une signature, c'est une conception clé pour la filtration sur mauvais terrains. Compatible mono ou double plateau, le cadre nu en taille M sans peinture est annoncé à 1000 grammes.

Côté géométrie, Lapierre a voulu un vélo taillé pour la vitesse et la réactivité, sans mettre de côté la stabilité et une position confortable pour les longues distances. On est clairement en présence d'un vélo beaucoup plus racé que le Crosshill alu.

Le Crosshill CF est compatible avec des pneus allant jusqu'à 45 mm de section mais il est livré sur toute la gamme avec une monte de 44 mm.

La base droite est pourvue d’une protection en caoutchouc souple qui atténue les bruits dans les portions techniques et protège la base de toute usure/marque de la chaîne.

Ce Crosshill CF est aussi doté d'une patte de dérailleur UDH.

Mais attardons-nous un peu plus sur la fourche qui équipe cette version "S" du Crosshill CF. Lapierre a opté pour une Suntour GVX32-S avec un débattement de 40 mm. Suntour propose cette fourche avec des débattements de 40, 50 ou 60 mm, Lapierre a donc choisi la version avec 40 mm, ce qui semble largement suffisant pour un gravel.

Dotée de plongeurs de 32mm an aluminium série A7000, la fourche GVX de Suntour propose des réglages de débattement et d’amortissement et propose de belles prestations, comme le verrouillage hydraulique sur le té et réglage du rebond. Un mini grade-boue est inclus.

Un bouton placé sur le cintre permet de verrouiller ou déverrouiller la fourche. Pratique quand on alterne entre chemins et bitume.

Si la fourche carbone d'origine d'un Crosshill CF ne pèse que 404 gammes, là, on franchit les 1670 grammes. Cette suspension engendre donc une prise de poids non négligeable de 1.2 kg, ce qui ne devrait pas être neutre sur le comportement général du vélo.

Côté coloris, ce Crosshill CF 6.0 S ne plaira sans doute pas à tout le monde, Lapierre ayant fait un choix plutôt "clivant" d'un coloris très vif, un jaune très peu discret.

Un surpoids de 1.2 kg donc, qui se retrouve sur le poids du vélo puisqu'il atteint 10.4 kg en taille M équipé ici en SRAM Apex avec des roues en aluminium DT Swiss G1800 Spline. A 3499 €, ce Crosshill CF 6.0 S est plutôt bien placé donc.

Equipement

Cette version 6.0 S est équipée d'une transmission SRAM APEX AXS. L'entrée de gamme de chez SRAM permet d'accéder à une transmission électronique, équipé de 12 vitesses. 

Un pédalier mono plateau de 40 dents est ici associé à une cassette 12 vitesses 11-44 (11-12-13-15-17-19-21-24-28-32-38-44) C'est donc la version SRAM APEX XPLR qui est installée ici, le dérailleur permettant donc d'accepter cette cassette 10x44 plus adaptée pour le gravel.

Une transmission qui marque clairement le pas par rapport aux dernières évolutions des modèles Force et Rival AXS présentées ici, on sent que les matériaux utilisés sont un peu moins nobles, avec un aspect plus brut et plus lourd. On va dire que c'est un peu plus rustique ! Néanmoins, on bénéficie de toute la technologie électronique AXS qui offre le même fonctionnement que sur les autres groupes avec la possibilité de personnaliser les commander via l'application Sram AXS.

C'est du basique et c'est plutôt lourd, mais ça a l'avantage de déjà proposer des changements de vitesse électroniques. On a par contre droit à ds poignées massives, contrairement aux dernières Rival, Force et Red AXS.

Le cintre est un modèle alu à la marque Lapierre, proposant un Flare de 12° et un Rise (réhausse) de 12 mm. La potence tout comme la tige de selle sont aussi en aluminium et marqués Lapierre. Une tige de selle ronde de 27.2 mm de diamètre serrée par un collier standard. La selle est une Fizik Terra Argo X7 150mm.

Du côté des roues, Lapierre reste fidèle à DT Swiss avec des G1800 Spline en aluminium affichant 1860 grammes la paire. Elles sont ici montées avec des pneus WTB Raddler TCS LIGHT 700x44c.

Sur les chemins

La masse du vélo se fait de suite ressentir quand on donne les premiers coups de pédales. D'autant que cette masse est finalement assez placée sur l'avant avec cette fourche de plus de 1.6 kg.

La possibilité de bloquer la fourche est un plus quand on roule sur le bitume, cela évite les effets trop prononcés de pompage quand on est en danseuse.

De façon surprenante, j'ai été surpris sur les parties techniques à basses vitesses, par le pneu qui vient toucher très tôt mon pied. Cela ne m'avait pas sauté aux yeux lors de mon essai du Crosshill CF 8.0 non muni d'une suspension. Pourtant, l'angulation ne diffère quasiment pas.

Très nettement, la fourche change beaucoup de choses et le Crosshill CF montre un tout autre visage. L'embonpoint le rend forcément moins dynamique, un peu plus pataud. 1.5 kg de plus, forcément, ça ne passe pas inaperçu. En contrepartie, le confort est vraiment amélioré, tout comme sa capacité à s'affranchir de tous les obstacles. Il peut passer bien plus facilement sur les terrains très accidentés, avec de gros cailloux par exemple, la fourche jouant dans ce cas pleinement son rôle et permettant au cycliste de se concentrer sur son pilotage plutôt que d'être trop secoué.

En descente technique, l'apport de la fourche est encore plus prégnant. Le poids supplémentaire n'est plus un frein.... et l'amortissement avant permet de passer bien plus vite sur les chemins défoncés et très techniques. Le débattement de 40 mm est à mon avis plus que suffisant. Associé à une pression des pneus pas trop élevée, le tout travaille de concert pour parfaitement maintenir le pneu en contact avec le sol tout en limitant les remontées désagréables dans le cintre.

Si sur la version "rigide" du Croshill CF, j'avais constaté une différence notable de confort entre l'avant et l'arrière, avec une partie arrière relativement filtrante grâce au 3D Tubular, ici, le vélo s'en trouve bien plus équilibré, sans avoir besoin de trop baisser la pression du pneu avant.

A noter que les pneus WTB Raddler TCS LIGHT se montrent polyvalents et conviennent à toutes sortes de conditions, sèches à humides. Bien sûr, dans la boue, on atteindra leur limite. Les crampons latéraux assurent une bonne accroche dans les virages tandis que les crampons de la bande centrale, plus petits, assurent un bon rôle de traction sans pour autant trop freiner le vélo sur les sols compacts ou le bitume.

De son côté, rien à dire sur le fonctionnement du SRAM APEX AXS. S'il se montre un peu plus sonore que les derniers Rival, Force ou Red AWS en fonctionnement, ça marche bien. De même, la sensation de freinage est en retrait des dernières productions de la marque américaine, mais ça freine très bien, même si l'attaque est moins franche !

Seul le départ en 11 dents semblera parfois limite avec un plateau de 40 dents. On arrive vite à être un peu court quand ça commence à visser sur les portions plates voire légèrement descendantes. Mais pour qui veut un vélo plutôt pour faire du gravel en mode loisirs, cela sera tout à fait suffisant.

Bilan

Si le Crosshill CF peut être qualifié de gravel Race dans sa configuration avec fourche rigide, le fait de lui adjoindre une fourche hydraulique le cantonnera plutôt à du gravel ludique, voire du bikepacking.

Car s'il est capable de passer partout, et même plus vite parfois en descentes techniques, le surpoids engendré par la fourche le rend moins nerveux, moins dynamique.... et cette masse sera légèrement pénalisante dans les pourcentages.

Mais pour qui veut un gravel très ludique, polyvalent et qui pourra passer un peu partout dans un grand confort, l'option fourche hydraulique se justifie pleinement.

Photos : Sonam.cc et Matos Vélo