Présentation

Colnago propose pas moins de 4 coloris. Attention, les délais pour certains designs, notamment le World Champion optionnel à 499 €, peut voir les délais de livraison augmenter.

Pour cet essai, j'ai eu droit au "SDM5", le coloris utilisé par les coureurs UAE de l'équipe masculine. Un mélange de noir mat et blanc satiné du plus bel effet, même si le blanc satiné demande un peu de soin au niveau du nettoyage pour rester parfaitement immaculé.

Un V5Rs qui n'est pas aussi démonstratif que le Y1Rs, un cadre qui paraît au final presque sobre désormais, mais qui le rendra certainement moins sujet à la mode qui passe. Le V5Rs fait dans le subtil.

Par rapport au V4Rs, le V5Rs permet d'économiser quelque 145 grammes sur le kit cadre, dont 110 grammes rien que pour le cadre.  685 grammes en taille intermédiaire pour le cadre (798 grammes pour le V4Rs) et 342 grammes pour la fourche (contre 375 grammes sur le V4Rs). Colnago avance un nouveau travail du côté des fibres, tout en restant toujours très énigmatique concernant la composition exacte des layups utilisés. On reste sur une construction monocoque.

Si ça ne saute pas aux yeux, le V5Rs a été retravaillé au niveau de tous ses tubes pour être plus aérodynamique, bénéficiant en partie du travail réalisé sur le Y1Rs. Le V5Rs présente un tube de direction plus fin et de nouveaux profils de au niveau de la fourche qui combinent construction légère, rigidité et aérodynamisme amélioré.

De plus, les profils du tube de selle et de la douille de direction sont significativement plus fins et plus profonds. La surface frontale du V5Rs est maintenant 13 % plus fine que celle du V4Rs.

Grâce à une combinaison de nouvelles techniques de stratification et de formes optimisées, la rigidité du V5Rs correspond à celle de son prédécesseur, le V4Rs malgré son profil plus aérodynamique et son poids réduit.

Le V5Rs accepte des pneumatiques allant jusqu'à 32 mm de section.

Equipement

Le modèle testé ici est donc équipé d'une transmission Shimano Ultegra Di2. Un groupe que l'on connaît désormais bien et même si certains lui reprocheront d'être "vieillissant" à l'heure où la concurrence propose désormais jusqu'à 13 pignons, il fait toujours preuve d'un fonctionnement impeccable.

Ici, le vélo est équipé en 52x36 avec une cassette 11x34. A noter que si Colnago permet de sélectionner la longueur des manivelles, son configurateur ne permet pas de modifier les développements. Dommage à ce niveau de gamme, même si une cassette est rapidement changée.

Le V5Rs bénéficie du cockpit Colnago CC.01 qui équipait déjà le V4Rs, un cockpit monocoque carbone disponible en pas moins de 8 combinaisons (longueur et largeur) et permet un passage interne de la câblerie. Ce cintre est développé en collaboration avec Deda, spécialiste dans le domaine. D'ailleurs, ce n'est sans doute pas anodin si ce cockpit présente beaucoup de similitudes avec un certain Alanera ! La tige de selle Colnago est ici surmontée d'une selle Fizik Antares.

Enfin, terminons pas le train roulant. Hormis pour les versions en Dura-Ace Di2 ou Campagnolo Super Record 13, tous les montages sont réalisés avec les Vision SC45. Des roues pesant 1600 grammes la paire environ pour un profil de 45 mm. Des roues équipées ici de pneus Pirelli P Zero Race en 28mm de section avec chambres à air. Des roues avec une largeur interne de 21 mm avec crochet garantit une efficacité maximale avec des pneus tubeless de 28 à 32 mm.

Ces roues sont conçues avec 24 rayons aérodynamiques croisés 2:1 et des moyeux à tirage direct. La roue libre est de type cliquet. Mais au prix du vélo et son positionnement haut de gamme, j'aurais au moins aimé des Vision SC45 SL, plus légères de quelque 300 grammes ! Un choix, qui, vous le verrez, a toute son importance pour le côté dynamique du vélo.

Dans cette configuration, le vélo pèse 7.05 kg en taille 510. Une belle prouesse compte tenu de cet équipement et notamment des roues qui pèsent 1600 grammes la paire. Mais même à ce niveau d'équipement "milieu de gamme", le V5Rs se paie au prix fort, puisqu'il faut compter 10800 €. Seule la version en SRAM Force AXS se montre plus "accessible" avec 10200 €, mais ce n'est guère étonnant avec un kit cadre proposé à 6200 €.

Sur la route

Avec seulement 7 kg sur la balance, forcément le V5Rs se montre dynamique dès les premiers tours de roues..... mais ces premiers tours de roues me laissent tout de même sur ma faim, avec le sentiment d'être plutôt collé à la route dès que le compteur affiche moins de 200 watts. En revanche, le confort est en progrès par rapport au V4Rs et ce, malgré une monte avec des chambres à air. Sur ce point, c'est indéniable, le V5Rs filtre mieux.

Mais au fil des sorties, je trouve que quelque-chose cloche, que ce vélo ne rend pas autant que je l'espérais mais je persévère..... jusqu'à tout de même me poser des questions.

Je profite donc de la possibilité d'avoir plusieurs roues sous la main pour troquer les Vision SC45 par des Cadex Max 40. Certes, elles pèsent moins de 1300 grammes, mais le changement de comportement global du vélo va bien au-delà des quelque 300 grammes grappillés. Le confort est déjà plus présent avec des tubeless de 28 mm. Mais c'est surtout le dynamisme du vélo qui est gagnant sur tous les terrains. Aussi bien sur les relances franches qu'en bosse, le V5Rs se montre facile. Et pourtant, les Cadex Max 40 sont rigides.

Le vélo semble toujours aussi rigide que le V4Rs en effet, avec un avant pas trop bridé, offrant juste ce qu'il faut pour avoir un vélo à la fois joueur et surtout, très précis dans les courbes. Un point sur lequel le V5Rs a encore légèrement progressé, le rendant encore plus facile à placer.

Car si c'est un vélo très orienté grimpettes.... une fois en haut, il faut redescendre. Et à ce niveau, le V5Rs est ultra sain et précis, surtout avec les Cadex Max 40.

La modification de la chasse de la fourche, bien que minime, profite au vélo dans les descentes, le rendant plus facile à engager dans les courbes. Un vrai plaisir dans les enchaînements rapides.

On retrouve dans ce V5Rs vs V4Rs les mêmes changements qu'entre un Tarmac SL7 et un SL8. La marque a conservé ce qui marchait, tout en rendant le vélo plus confortable et surtout moins exigeant surtout dans les bosses.

Si vous pensez que le V5Rs est un monstre de rigidité, vous faites erreur. Colnago semble avoir trouvé le bon dosage pour offrir un vélo toujours dynamique, sans que l'on ai l'impression de le subir. Idem du côté du confort, un point qui semble encore progresser par rapport à la génération précédente malgré des pneumatiques de "seulement" 28 mm équipés de chambres à air.

Là encore, le changement de roues lui sera profitable, puisqu'en restant sur une même section mais en passant sur du tubeless, la filtration gagne encore un cran.

Un vélo présenté comme vélo de compétiteur, ce qui n'est pas faux, mais qui peut-être utilisé par n'importe quel cycliste, même sur de longues distances tant il est tolérant et confortable. Parfait partout, que ce soit sur le plat, en descente ou en bosses, assis ou en danseuse.

Un constat général que j'effectuerai aussi avec des roues Scope Artech 2 à moins de 1000 grammes la paire. Le vélo gagne encore en dynamisme et en facilité à faire vivre dans les bosses.... et permet de faire descendre le poids du vélo à 6.5 kg seulement sans pédales. J'irai même jusqu'à oser dire qu'on entre dans un autre monde dès que la route s'élève, les roues Scope Artech 2 faisant preuve d'une bonne rigidité, mais savamment dosée pour rendre l'ascension toujours plus "facile".

Même le confort est gagnant, avec une largeur interne des jantes de 23 mm qui optimisent encore le rendement et la filtration avec de bons pneus tubeless de 28 mm. Alors oui, à 4000 € la paire de roues, ça pique. Mais cela montre l'importance des roues pour l'homogénéité du vélo.

Un cadre qui se montre, au final, très homogène, avec une rigidité plus que suffisante pour un cycliste amateur, même puissant. Le V5Rs propose un savant mélange de rigidité, de confort et de dynamisme. Ni trop, ni pas assez, toujours dans la juste mesure.

Bilan

Sans surprise, la nouvelle copie de Colnago est réussie, améliorant les qualités du V4Rs (dynamisme, légèreté et précision) tout en le rendant plus facile à rouler, plus tolérant. Sur ce point, Colnago a fait comme d'autres marques, je pense au Tarmac SL8 de Specialized notamment. Les évolutions par rapport au V4Rs vont bien au-delà des changements esthétiques.

Un vélo que l'on peut mettre entre toutes les jambes.... mais qui demande un train roulant à la hauteur des qualités de ce cadre, ce qui n'est pas le cas, des Vision SC 45 fournies de série et qui "plombent" le comportement de ce vélo. Pour l'avoir testé tour à tour avec des Cadex Max 40 ou des Scope Artech 2, clairement, les Vision SC 45 sont pour moi indignes du prestige et des qualités de ce vélo..... d'autant plus pour un modèle facturé 10800 € !

Des roues à 1300/1400 grammes maximum sont, à mon avis, le minimum syndical pour profiter de toutes les qualités de ce V5Rs.

Photos : Sonam.cc et Matos Vélo